Jean-François Hensgens, chef opérateur "Osmosis" by Netflix

17 avr 2019
MEET THE PROS | Jean-François Hensgens, chef opérateur "Osmosis" by Netflix SAE Paris

Masterclass avec Jean-François Hensgens

Directeur de la photographie "Osmosis" by Netflix


Pour le plus grand plaisir de nos étudiants en formations Films et de nos visiteurs, la SAE Institute Paris a eu le plaisir d'accueillir Jean François Hensgens, directeur de la photographie (chef opérateur) et réalisateur belge avec déjà plus de 13 ans d'expérience. Il a travaillé sur la série Osmosis sortie fin Mars sur Netflix ! 

En dehors de sa carrière dans la photographie, il a également réalisé un court-métrage intitulé « Tueur ».

Il nous a raconté son expérience en travaillant directement avec Netflix : 

"Physiquement Netflix était présent au Kick off et au visionnage de fin. Ensuite ils sont présents et suivent de près par mail ou téléphone."

Nous avons également eu la chance d'avoir une analyse détaillée des techniques qu'il a utilisées dans certains passages de plusieurs épisodes, de sa vision et des objectifs qu'il avait. 


> Dans le premier épisode, par exemple, nous avons vu les premières minutes afin qu'il nous explique comment il a appréhendé la profondeur de champ, plus particulièrement sa petitesse grâce au capteur Full Frame à la RED Monstro. En effet il fallait qu'il s’adapte au principal support de diffusion : les petits écrans de téléphones portables, les iPad etc.

Il nous a alors expliqué qu'il travaille depuis longtemps avec la RED car qu'il apprécie son rendu avec des valeurs ISO élevées (4000 ISO), pour qu’elle génère un peu de bruit qu’il retravaille en post-production. Cela permet d'éviter le côté lisse d’une image numérique.


> Dans le deuxième épisode, il nous a montré un passage champ contre champ lors d'une discussion. Ici il a détaillé le travail des peaux, les filtres qu’il a utilisés.

Il a souligné son évolution au fil des épisodes et décrit son travail avec l’étalonneur sur chacuns de ceux-ci, en lui montrant des photos de ce qu’il recherche.  Lorqu'ils avaient terminés, ils devaient envoyer les épisodes étalonnés à Netflix Los Angeles pour avoir leur approbation sur le rendu. Là-bas, les responsables techniques regardaient très attentivement chacuns des épisodes afin de déceler les détails (ex : des ombres de perches visibles...) qu'eux-mêmes ne voient plus à force de travailler sur le projet. 

Ce n'était pas moins de quatre semaines d’étalonnage, soit, deux jours et demi par épisode !

Nous avons également pu constater sa volonté de tout éclairer en LED (Asteras) pour donner une souplesse et une rapidité d’action très appréciables.

"Finalement ce qui coûte le plus cher sur un tournage c’est le temps." 

Jean-François nous a expliqué comment dans ce même épisode il ont pu faire clignoter en rouge toute la pièce avec une grande facilité. Il travaille toujours avec un polarisant sur ses objectifs (Cooke S7i) afin de réguler les brillances : il ne peut pas créer de la brillance mais enlever celle qui existe.


> Dans le troisième épisode, un tournage de nuit vers la BNF, il a utilisé une caméra avec la capacité d’enregistrer à la fois de très hautes et des basses lumières. Il y avait bien sûr les lampadaires de la ville qui éclairaient mais il a fait le choix d'ajouter une lumière sur batterie pour éclairer les visages.
Il souhaitait ramener de l’organique sur chacunes de ses images, du naturel, du ressenti, pour que ce ne soit pas trop lisse.

De plus, il aimait structurer l’espace avec les Asteras, c’est en cela que son métier se regroupe avec de la photographie. Cela a également créé une continuité tout au long de la série dans un esprit également futuriste, avec des couleurs et des intensités différentes.


> Au sujet du cinquième épisode, il nous a parlé de la difficulté pour la scène dans la petite chambre d’Ana, dûe au manque d’espace, mais aussi les difficultés de raccord car la deuxième équipe a tourné en première et avec un mauvais temps dehors, alors qu’il y avait du soleil à l’intérieur lorque lui même a filmé.

De plus les réalisateurs n'ont pas fait de storyboard ni de découpage. Ils étaient plus dans l’improvisation ce qui ne leur facilitait pas le travail.

"Quasiment tout le film est fait en caméra épaule donc il n'y a pas de machinerie sur un exercice de série où on sait que ça doit aller très très vite".

Il a également conseillé de tout préparer avec les comédiens, pour qu’ils bossent ensemble dès le début car les choses peuvent changer en fonction d’eux, donc c’est un gain de temps.

Jean-François Hensgens a aussi transmis sa vision de la lumière dans le futur. Il a parlé des difficultés de bosser avec plusieurs équipes, et de garder une continuité de la lumière au fil des épisodes.


"Là où c’est déjà difficile avec des films, c’est encore plus difficile avec une série."

"Quatre-vingt huit jours de tournage, dont la moitié en studio"

 

Il nous a expliqué que Netflix assurait un contrôle technique pour les stroboscopes qu'ils utilisaient et qu'ils ont notamment imposés des contraintes en raison des dangers pour les personnes épileptiques. Ils ont donc dû les régler à l’étalonnage suite à des remarques des techniciens.
 

> Dans l'épisode six, dans la scène au bord du lac de nuit, c’est en réalité de la fausse nuit pusique la scène est tournée en plein jour ! La lune est en réalité le soleil ! Elle a été tournée à 17h. Le danger était que e soleil bascule derrière les arbres s’ils ne terminaient pas à temple tournage.

"Souvent sur un tournage pleins de choses ne se passent pas comme elles avaient été prévues."

Il est important de développer les rapports de confiance entre les collaborateurs et notamment avec Netflix car cela permet de faciliter les discussions, les échanges et suggestions. Il ne s’est pas du tout senti obligé de renoncer à quoi que ce soit à cause de Netflix, ils leurs ont laissés une grande flexibilité.

Il nous en dit plus sur son parcours et les différents projets sur lesquels il a travaillé : 

 


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