Interview de Maxime Lorgerie, ancien étudiant et réalisateur

30 jan 2020
Interview de Maxime Lorgerie, ancien étudiant SAE Paris et réalisateur

​Interview de Maxime Lorgerie
Ancien étudiant et réalisateur 

 

Chaque année à la SAE Institute nous découvrons de nouveaux talents artistiques, techniques ou les deux ! Cette année c'est Maxime Lorgerie, ancien étudiant de la formation Bachelor Digital Film Production qui a particulièrement sorti son épingle du jeu avec ses dons de réalisation. Il l'avait déjà démontré lors de la deuxième édition de notre Festival du Film SAE Paris, avec son court-métrage 1944. Il revient cette fois avec un projet encore plus ambitieux et pour la première fois à la SAE Paris... un long-métrage intitulé Les Abîmés !
Le blog du cinéma a d'ailleurs également rédigé un article à ce sujet.  Sébastien Répécaud, producteur indépendant, a tout de suite décelé son talent et choisi de financer une petite partie du projet. 

 

  • Comment est venue l'inspiration de ce scénario ?

"C’était à peu près en Septembre 2018, c’était juste après le tournage de 1944 où du coup j’avais déjà envie d’écrire ce qui serait mon fin de session. À la base je partais sur un court-metrage un peu plus long, environs 20 minutes. Un projet plus ambitieux et finalement l'idée m’est venue, car j’ai toujours eu envie de faire un film sur la boxe. Comme je l’ai dit pleins de fois, le film Rocky fait parti de mes films préférés, c’est mon film préféré, ma saga préféré, donc j’ai toujours eu envie de faire un film de boxe mais à ma façon avec une histoire différente que celle racontée dans les Rocky. Donc j’ai commencé à écrire ce scénario. Je voulais aussi écrire / faire un film qui tournerait autour d'une histoire de famille. J’aime bien ce genre de film et je me suis dit que faire un film de boxe se marirait très bien avec l’idée d'un film de famille. J'ai donc commencé à écrire le scénario  en septembre 2018."
 

  • Pourquoi avoir choisi de faire un long-métrage comme projet de fin d'études ?

"Ce n'était pas un choix, c’est à dire que j’ai commencé à écrire le scénario et il s’est transformé en long-métrage. C’est à dire qu’à la base la première version, la V1 devait faire environs 30 pages et je nétais pas satisfait : Dans le sens où tout le film tourne autour de l’idée de la légitimité du combat final, en fait “est-ce qu’on doit faire ce combat ? Ou est-ce qu’on doit pas le faire ?” et le fait qu'il dure seulement 30 minutes ça faisait un peu trop rochet , ils prenaient la décision trop rapidement et donc ça ne marchait pas. Du coup je ne me suis pas du tout mis une limite d’écriture et j’ai recommencé entièrement le scénario en travaillant beaucoup la structure, en essayant de créer mes actes comme si j’écrivais vraiment un film. Au fur et à mesure j’ai fini à 60 pages et sur la dernière version, la 16ème, la V16, j’étais à 90 pages !
Donc là on s’est posés la question de comment le tourner ? Est-ce que je fais un court-métrage et ensuite j’essaie de le transformer en long avec des productions, et puis en fait je me suis dit "pourquoi ne pas essayer de le tourner", je veux dire à la SAE on avait l’occasion de pouvoir prendre du très bon matériel, soit la Amira, les objectifs etc. Je savais je pouvais prendre plusieurs jours, surtout si je tournais en Septembre, donc du coup je me suis dit, je pense que je peux le faire.
J’avais bien écrit en pensant au décor et je savais que chaque décor, j’allais pouvoir les avoir sans trop de difficulté. Je savais que j’allais avoir une équipe technique très motivée, je savais que je pouvais compter sur de bons acteurs, et que tout le monde avait envie de ce film donc je me suis dis, quoi de mieux que de faire un film de fin d’étude qui serait un long-métrage finalement. Il y a très peu d’étudiant qui tentent de le faire et c’est un bon défis ! Comme pleins de réalisateurs l’ont dit : leur meilleure école de cinéma c’était de faire un film de A à Z, je parle d’un long-métrage. Donc voilà, j’avais envie de me poser ce défis et de me dire que même si un jour je n'arrive pas vraiment à me faire produire un long métrage, je pourrais toujours me dire "j’en ai fait un sans attendre des productions et tout cela, j’ai décidé de le faire tout seul en fait."

 

  • Comment as-tu constitué ton équipe ?

"Très simplement, j’ai repris les mêmes personnes avec qui j'avais l’habitude de travailler et avec qui je m’entendais super bien. Julien Grouiec, et Tuavai Teinaore par exemple, étaient vraiment deux personnes avec qui j’avais vraiment envie de travailler. J’aurais bien aimé travailler avec Damien Richardot mais il n'était malheureusement jamais disponible sur mes dates de tournage. Ensuite c’était Julien qui m’aidait beaucoup à la caméra, mais c’était surtout le pointeur du film. Il faisait le point vraiment sur tout ! Ensuite Tuavai était mon chef machino, mon chef electro,  il m’aidait un peu pour la partie technique. Enfin je dis electro, mais il n’y avait quasiment pas d’éclairage, on a tout fait avec des petits Asteras, avec de la lumière naturelle. Mais il changeait souvent les objectifs sur la caméra. Quand il fallait bouger la caméra, il venait m’aider et la déplaçait. Parfois il tenait le cadre, remplaçait les batteries, vraiment c’était l’homme à tout faire sur le tournage : il était indispensable !
J’avais aussi Lilian, qui était en formation Video Production Certificate et que j’avais rencontré sur le tournage de Tuavai justement, pendant le plan séquence. Il était très sympa et puis comme je cherchais quelqu’un pour réaliser le Making Of du film pour garder une trace, je lui ai proposé et il a accepté. Mais il aidait aussi beaucoup lorsqu'il y avait besoin d’aide, en éclairage par exemple, donc il était super !
Mais réellement c’était à peu près tout ce qu’il y avait dans l’équipe technique image/lumière vraiment.
On était juste trois si on ne compte pas Lilian et jamais une seule fois on s’est sentis en sous effectif. Je tenais vraiment à avoir une petite équipe vu qu’on avait un tournage d’une durée de 24 jours, pour être sûr d’avancer. 24 jours c’est très long et très dur en terme de tournage surtout qu’on faisait des journées de 12 à 13 heures, je n’avais pas envie de perdre trop de temps d’où mon choix de petite équipe.
Au niveau du son, j’ai préféré prendre une de mes connaissances Clément Barda, avec qui je m’entends super bien. Il était donc le chef opérateur son et était accompagné d’Aubin Makuiza, étudiant à la SAE, qui lui était perchman sur le tournage. Donc ils étaient deux au son, ils s’en sont super bien sortis donc c’était génial. Quant à l’assistant réalisateur, c’était mon meilleur ami Nabil qui s’en est occupé."

  • Combien de temps il t'a fallu pour écrire le scénario ?

"J’ai donc commencé en septembre 2018. Au début j’écrivais rapidement car j’avais déjà une histoire dans la tête mais finalement elle ne m’a plus plu. L’écriture a duré jusqu’au tournage donc environs 6 ou 9 mois avant la version finale. Mais même au montage on continuait de retoucher le scénario en bougeant des trucs, en changeant des séquences, etc."
 

  • Comment as tu récolté les fonds nécessaires pour le financer ?

"C’est vrai qu’au niveau du financement, je ne savais que cela me coûterait très cher, et encore je savais que j’aurais pas besoin de louer de véhicule pour transporter le matériel et pas besoin de louer du décor. Donc ce qui a coûté le plus cher c’était le matériel, car j’ai loué beaucoup d’éclairages, des retours HF. Tous ces petits détails là m’ont coûtés un certain prix. Tout ce qui est vêtements, accessoires du film, construction des décors ont coûtés cher aussi. Construire un ring, construire le vestiaire, tout cela c’était un budget. Sans compter le catering, tout cela c’est un budget quand même conséquent mais à ce niveau je pense qu’on s’en est assez bien sortis. Pour 24 jours de tournage, on en a eu pour un peu moins de 2 000 € alors qu’on a eu quand même pas mal de figurants. 

Concernant le financement, j’ai mis de l’argent personnel que j’avais prévu pour cela mais je suis aussi passé par une campagne participative. J’avais toujours voulu en faire une mais je n’avais jamais eu le courage car j’avais trop peur de ne pas avoir les financements et ce sont mes acteurs qui m’ont convaincu de le faire finalement. J’ai donc demandé 5000 € sur Ulule : j’ai essayé de bien présenter mon projet, le mieux possible parce que je me suis dit que je pourrais aussi essayé de démarcher des producteurs avec ma présentation. Et ça a vraiment bien fonctionné finalement, mais ce fut quand même assez stressant. Mais je suis vraiment content d’avoir pu aboutir à mon projet grâce à cette campagne."

  • As-tu l'intention de le présenter en festivals ? Si oui lesquels ?

"Oui bien-sûr que j’aimerais proposer ce film dans des festivals mais là l’objectif c’est d’abord de le terminer et après je verrai ce que j’en ferai. Pour l'instant j’ai plusieurs pistes de producteurs que j’ai rencontrés, de distributeur squi ont vu un peu l’image, qui apprécient le film et qui veulent en faire quelque chose. Mais oui c’est vrai que j’aimerais faire vivre le film le plus possible à travers le plus de festivals."
 

  • Qu'est ce que la SAE t'a apportée ? 

"Des contacts et donc une équipe technique, j’ai pu faire pleins de tournage qui m’ont formé, confiance en lui par rapport à 1944, le matériel, les caméras, les objectifs tout ca, forcement les connaissances techniques cameras, montage etalonnage."
 

  • Parles-nous du tournage, quelles ont été les plus grandes difficultés et les meilleurs moments ? 

"En réalité il n’y a pas eu de grosse difficulté, des petites difficultés ici et là mais pas de grande. Ensuite je dirais que c’était le stresse et le fait de le surmonter et de réussir à réaliser le film. Mais c’est vrai que la veille je ne me sentais pas très bien, je sentais beaucoup de pression sur mes épaules car beaucoup de personnes comptaient sur moi et il y avait beaucoup d’argent en jeu. Les premiers jours étaient un peu difficiles, le temps qu’on se mette vraiment dans le bain, qu’on se rende compte qu’on allait avoir 24 jours de tournage et que tout le monde connaisse bien le film. Donc les grandes difficultés ça a surtout été ça, d’avoir une vue d’ensemble sur tout le film. Parce qu’en fait j’avais découpé tout le film et j’avais quasiment 1 200 plans et là on se dit “Comment on va pouvoir faire 1200 plans en 24 jours ! C’est énorme, c’est du 50 plans par jour !"

Les meilleurs moments, c’est un peu plus personnel, mais je dirais que c’était le soir quand je rentrais et que je regardais de nouveau mes rushs et que j’en étais content, ça me rassurait beaucoup. Autrement, je dirais que les meilleurs moments étaient aussi les combats de boxe car, comme je l’ai expliqué, j’avais toujours rêvé depuis que je suis enfant de faire des films de boxe. J’ai regardé 40 000 fois les films Rocky, je connaissais les chorégraphies de combat par coeur et c’est vrai que quand j’ai commencé à filmer les combats, ça me faisait vraiment quelque chose. J’avais l’impression de rendre hommage à tous ces films que j’ai aimé. C’était plaisant, surtout que l'on est restés dans cet endroit 7 jours consécutifs, que l'on connaissait l’endroit par coeur, avec nos petites habitudes, etc.

Sinon l’un des meilleurs moments du tournage aussi c’est quand j’ai eu besoin de figurants et que David, un ami du voyage de mon père, a proposé de demander à ses amis du voyage de faire figurants lors d’une scène de boxe. C’était vraiment magique, ils étaient une vingtaine et ils ont vraiment joué le jeu à fond, de 10h00 à 20h00. Ils étaient adorables et après le tournage ils ont tous chanté pour nous remercier de la journée. C’était vraiment bien et ensuite évidemment le meilleur moment était la fin de tournage, car c’était la fin justement."

 

Retrouvez l'interview de son producteur, Sébastien Répécaud : 

 


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